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Les événements de 2020

Comme chacun le sait, 2020 a été une année où la culture, le sport ou toute autre forme de divertissement a été réduite à quasi néant. Plus de concert, plus de match, plus d'expo, plus rien... Cependant, certains événements ont fait polémique dans les médias.


Nous avons donc décidé de revenir avec vous sur ceux-ci. Nous avons souhaité revenir plus particulièrement sur deux événements marquants survenus depuis mars 2020 : le spectacle du Puy du Fou à 9 000 personnes en août et la Rave Party à 2 500 personnes en décembre dernier. Nous avons choisi ces deux événements car ils sont à la fois similaires par leur nombre important mais également très différents dans leur approche.


Pendant que toute une filière souffre depuis de nombreux mois, vous noterez qu'il est assez cocasse de voir des événements d'une telle ampleur se tenir. Mais ils sont le reflet d'une société qui étouffe, qui a besoin de se retrouver, de partager des moments de joie et de s’émerveiller.


Commençons par replacer les choses dans leur contexte : Le Puy du Fou est un parc à thème considéré comme le meilleur du monde. Il accueille, en temps normal, plus de deux millions de visiteurs à l'année. Lors de ce fameux spectacle polémique, le parc a réuni 9 000 spectateurs divisés en trois unités de 3 000, séparées par des vitres en plexiglas. Les organisateurs avaient également mis en place un certain nombre de mesures barrières (distribution de gel hydroalcoolique, port du masque obligatoire, distanciation). Cet événement a pu se dérouler en pleine pandémie grâce à l'obtention d'une dérogation exceptionnelle de la part de la préfecture de Vendée. En effet, le gouvernement a octroyé aux préfectures l'opportunité d'accorder des dérogations pour la tenue d'événement de plus de 5 000 personnes sous conditions. Lors de cet événement, les conditions étaient donc propices : mesures de distanciation et de limitation de propagation du virus respectées et « circulation du virus en net recul dans le département » à ce moment-là comme le souligne la préfecture.


De notre point de vue, cet événement peut sembler un petit peu démesuré pour une période de pandémie où le gouvernement et les autorités sanitaires nous demandaient tant d'efforts. Cependant, au vu des moyens déployés, du côté outdoor et de la faible circulation du virus cet été, nous pouvions comprendre cette décision. (Pour ne rien vous cacher, nous en étions même heureux à ce moment-là.)

Il n'en reste pas moins vrai qu'en cette période où tout événement de plus de 5 000 personnes était interdit, cette dérogation est apparue comme une profonde injustice car aucun autre organisateur d'événement n'a pu obtenir ce genre de dérogation. Depuis, les choses n'ont pas changé et nous restons tous en attente d'une éclaircie qui arrivera peut-être grâce au vaccin...


Cependant, d'autres n'ont pas attendu. Un événement à notamment défrayé la chronique en cette fin d'année chaotique : la Rave Party du nouvel an en Bretagne.


Pour rappel des faits, nous sommes le soir de la Saint-Sylvestre. La France s’apprête à tourner la page d'une année 2020 médiocre sous bien des formes. Pendant ce temps-là, 2 400 personnes de tous âges et de tous horizons se rassemblent dans un hangar désaffecté de Lieuron. Une logistique digne des plus grands événements se met en place pour apporter et installer le matériel, envoyer les invitations, préparer le lieu pour la soirée etc.

Au final, une scène, des stands de boisson et de nourriture sont montés, ainsi qu'une « billetterie » (le mouvement des free party est basé sur un système de dons. Chacun participe à la soirée à hauteur de ses moyens).

Au final, et selon le parquet de Rennes en charge de l'affaire : malgré la présence de gel hydroalcoolique, seules 5% des personnes présentes portaient un masque. Au vue de la complexité de la chaîne d'organisation de cet événement, tous les organisateurs n'ont pas pu être identifiés. Cependant, certains d'entre eux risquent jusqu'à 10 ans d'emprisonnement pour « organisation illicite d’un rassemblement festif et mise en danger de la vie d’autrui ».

Alors oui, en cette période de pandémie où le virus se propage à vitesse grand V, organiser ce genre de rassemblement était quelque chose d'irresponsable, dangereux et tout simplement illégal. Mais nous pensons que ce rassemblement est aussi la mise en lumière de la frustration de la population qui en a ras le bol de voir ses libertés restreintes, de ne pas pouvoir se retrouver, sortir, discuter, échanger, d'être enfermée chez elle, de ne pas pouvoir vivre comme il se doit.

D'un point de vue professionnel, il est inconcevable de créer ce genre d'événement en cette période. Il y a beaucoup trop de risques de contamination, de responsabilité engagée et surtout, une culpabilité certaine si quelque chose de grave venait à se produire. De plus, alors que toute la filière de l'événementiel est à l'arrêt, c'est un peu rageant de voir que des événements comme ceux-ci se tiennent sans réelle opposition en amont ou pendant l'événement de la part des autorités. Mais nous comprenons aussi les raisons qui ont poussé ces gens à se réunir.


Et pour le futur alors ? Quelles sont les perspectives ?

Sans une réelle amélioration de la situation sanitaire, il est difficile de prévoir une date pour le retour du public sur les événements. Pour le moment, les compétitions sportives continuent de se dérouler à huis clos et les événements culturels restent interdits.

Mais depuis quelques semaines, des événements-test fleurissent, notamment en Espagne où s'est tenu en décembre dernier le festival Primavera. Des concerts en intérieur, debout, sans distanciation, avec optimisation de la ventilation de la salle, contrôle de la température ambiante et avec une jauge limitée à 500 personnes soumises à un protocole sanitaire strict : test antigénique à l'entrée sur le festival, masque obligatoire sauf pour manger ou boire et test PCR une semaine après l'événement. Les résultats sont plutôt encourageants car, une semaine après le festival, aucun festivalier n'avait développé de symptôme et les tests sont tous revenus négatifs. Un groupe de travail « concert test » est déjà à pied d’œuvre en France pour permettre ce genre d'événements. Selon ce groupe, ces événements-test sont une étape incontournable dans le processus de retour du public sur les événements. Cela semblait se profiler pour le mois de mars, mais avec la recrudescence de l'épidémie due aux différents variants, il nous faudra sûrement encore faire preuve de patience...


Et vous ? Que pensez-vous de cette situation ? Quel est votre avis sur ce qui s'est passé et sur les perspectives d'évolutions des événements auxquels vous participiez avant cette crise ?

Donnez nous votre avis et n'hésitez pas à nous solliciter si vous souhaitez organiser quoi que ce soit quand tout cela sera terminé !